4 opérateurs pour 3 groupes et 1 échec.
NTT DoCoMo domine le secteur (51,1 millions d’abonnés à fin mars 2006) et a été un précurseur avec le lancement de l’i-mode en février 1999, puis du premier service 3G en octobre 2001. Cependant, la déréglementation et le dégroupage progressif des réseaux ont permis à de nouveaux opérateurs d’arriver sur le marché, concurrençant fortement ses positions en développant des stratégies différentes (tout particulièrement KDDI). Concurrence qui devrait se renforcer, avec le rachat de Vodafone Japan par Softbank, et l’attribution de licences à deux nouveaux arrivants : eAccess et IPMobile.
Les normes 3G en concurrence : CDMA 2000 1x et W-CDMA.
Au de KDDI utilise les technologies mobiles de la société Qualcomm : cdmaOne en 2G, CDMA 2000 1x en 2,75G et CDMA 2000 1x EV-en 3,25G. TU-KA utilise en 2G la technologie PDC (le service 2G cdmaOne d’Au n’accepte plus de nouveaux abonnés, et devrait cesser d’ici peu). DoCoMo et Vodafone utilisent également PDC en 2G (différent du GSM), et W-CDMA (couche physique de l’UMTS, qui est donc globalement compatible FOMA et Vodafone 3G) en 3G.
Pour Au, le passage entre chacune de ces technologies s’est fait dans la continuité, sans grands investissements pour remettre à niveau son réseau, alors que pour les autres opérateurs, de forts investissements ont été nécessaires (avec un réseau 3G plus long à mettre en place).
De plus, le service CDMA 1x WIN de Au (débit presque dix fois supérieur à la concurrence) a été disponible dès fin 2003, tandis que le passage au HSDPA (3,5G avec un débit descendant de 3,6 Mbps) chez DoCoMo, initialement prévu en 2005, se fera finalement à partir de juillet-août 2006.
DoCoMo, précurseur de l’Internet mobile, s’oriente vers le portefeuille électronique
Avec l’i-mode, DoCoMo a été le premier opérateur mondial à avoir réalisé un système rentable d’exploitation de l’Internet mobile, où la concurrence entre fournisseurs de contenus est étroitement contrôlée par l’opérateur (tous les acteurs travaillent ensemble et se partagent les revenus sous la houlette de l’opérateur).
A l’international, NTT DoCoMo a privilégié la vente de licences i-mode (13 opérateurs licenciés fin 2005) plutôt qu’une expansion directe de son service, qui compte plus de 5 millions d’utilisateurs de l’i-mode dans le monde (plus d’un million en France avec Bouygues Telecom). DoCoMo axe désormais sa stratégie sur son service de portefeuille électronique Osaifu-Keitai lancé en juillet 2004, utilisant la puce sans contact FeliCa de Sony (auparavant disponible sous un format de carte à puce) et cumulant sur téléphone portable les fonctions de porte-monnaie électronique, titre de transport, carte de crédit, carte de membre et autres fonctions d’identification.
KDDI : le haut débit mobile au profit de la musique en ligne.
La croissance exponentielle de son service 3G permet a Au de KDDI d’engranger depuis 2003 plus de nouveaux abonnés que DoCoMo, le leader du marché. Près de 96 % des utilisateurs d'Au sont abonnés à la 3G (21 millions) alors que NTT DoCoMo ne compte que 46 % d’utilisateurs de son service de troisième génération FOMA (23 millions). La stratégie de KDDI plus agressive que celle de NTT DoCoMo est à l’origine d’une guerre des prix. Suite à l’introduction par KDDI de son offre d’accès illimité, NTT DoCoMo a dû s’aligner et proposer le même type de système de facturation avec des forfaits de paquets de données illimités (packet flat rate).
Cependant, si Au de KDDI a gagné près de 7 % de parts de marché (en nombre d’abonnés) en 5 ans pour atteindre 25 % du marché, TU-KA a subi une baisse de près de 4 %, et le déclin de DoCoMo est relatif puisque l’opérateur représente toujours 56 % des abonnés (59 % en 2000). KDDI vise un public jeune et privilégie les services de musique sur mobile. Son premier service de téléchargement de sonneries musicales sur mobile Chaku-Uta totalisait (début 2006) 300 millions de téléchargements en
3 ans, alors que son service de téléchargement de musique Chaku-Uta Full compte 50 millions de téléchargements après un an et demi d’activité.
Le lancement récent de son service LISMO (gestion et achat en ligne de musique sur PC et portable) transforme définitivement le téléphone en baladeur numérique actif (avec l’achat en ligne mobile).
L’échec de Vodafone, racheté par Softbank.
Vodafone était le seul opérateur occidental à s’être implanté au Japon pour constituer le 3ème opérateur mobile sur le marché domestique, en rachetant JPhone, la filiale mobile de Japan Telecom. J-Phone a lancé ses services de 3G W-CDMA à Tokyo fin juin 2002 et est devenu Vodafone Japan en octobre 2003.
Cependant la société n’a pas su décoller au Japon, avec notamment une couverture 3G insuffisante et un catalogue mal adapté, et n’a pas pu suivre la guerre des prix qui a lieu entre NTT DoCoMo et Au de KDDI sur les services de troisième génération.
Face à un nombre d’abonnés stagnant malgré les investissements effectués (profit quasi nul comparé aux autres opérateurs mobiles), avec l’arrivée en novembre 2006 de la portabilité des numéros mobiles, synonyme d’une concurrence accrue, la société a préféré céder sa filiale au groupe Softbank (qui possède Yahoo Japan), tout en signant un accord de coopération entre les deux entités pour de futurs développements communs de services et contenus.
Une exception japonaise : le PHS.
Le PHS (pour Personal Handyphone System) est une technologie dont la cellule de couverture a un rayon maximum de quelques centaines de mètres (technologie hybride fixe sans fil/mobile). 4,5 millions de Japonais étaient abonnés à un service PHS en mars 2006 (première hausse du marché en 5 ans). Willcom (80 % des abonnés) est entré sur ce marché en 2005 par le rachat de DDI Pocket (55 % du marché en 2004), et a gagné plus de 800 000 abonnés en 1 an (attrait pour son modèle PDA « bon marché »).