L'an passé la fête avait été gâchée par le tsunami, raison de plus pour célébrer le printemps cette année. Pique-nique, alcool, musique, des millions de Nippons se rassemblent sous les cerisiers en fleurs...

Un groupe de danseurs en déguisement de cosplay, à côté de salarymen qui trinquent en costume-cravate... les parcs de Tokyo et de tout le Japon ont été envahis ce week-end par une foule de fêtards de tout poil.
Réunis entre amis ou en famille sur de grandes bâches de pique-nique, ou arpentant les allées bondées des parcs, les Nippons ont répondu par millions à l'appel de l'hanami : la fête des cerisiers en fleurs qui marque le début du printemps.
A Tokyo, les arbres témoins du sanctuaire Yasukuni avaient laissé croire à un début des festivités dès le 1er avril. Mais les « sakuras » ont été timides, sentant peut-êtreles intempéries de la semaine arriver, et il aura fallu attendre ce week end pour pouvoir boire de l'umeshu et manger des takoyaki sous des cerisiers vêtus de rose, une robe qu'ils perdront d'ici quelques jours.
Le temps presse donc. D'autant que la fête la plus populaire du pays n'a pas son jour férié. On profite de chaque trou de l'emploi du temps pour aller contempler les fleurs(hanami) : week-end bien sûr, mais aussi fin de journée ou pause repas.
Dans les entreprises, la tendance est au relâchement : « Beaucoup de patrons laissent partir leurs employés plus tôt, ou vont avec eux dans les parcs pour les dernières heures de soleil. Pas de pression, c'est l'hanami » explique Lens, un américain au Japon depuis plusieurs années.
L'envie de marquer le printemps est d'autant plus forte que l'année passée l'ambiance n'était pas à la fête. Moins d'un mois après la catastrophe du 11 mars, le Japon n'avait pas encore fait son deuil, et le pays était plus préoccupé par les milliers de disparus et la catastrophe nucléaire en cours que par la floraison des cerisiers.
Les lanternes rouges et blanches accrochées sous les arbres étaient même restées éteintes face aux pénuries d'électricité qui avaient suivi la catastrophe. "L'ambiance n'était pas à s'égayer sous les fleurs", se souvient-on.
Raison de plus pour que la fête batte son plein cette année. Peut-être trop. En une semaine, 74 personnes ont dû être emmenées aux urgences pour « intoxication alcoolique aigüe », à Tokyo, un record ces 5 dernières années.