Marché fermé où Nintendo impose son originalité.
Quantitativement, le marché japonais est aussi important que le marché américain, cependant les éditeurs sont moins nombreux. L’investissement nécessaire au développement de nouveaux jeux étant de plus en plus élevé (sophistication croissante des consoles), cette concentration s’est poursuivie en 2005, avec le rachat de Taito par Square-Enix, et celui de Namco puis Banpresto par Bandai. De plus, le développement des jeux sur la future PS3 de Sony pourrait coûter trois fois plus cher que sur PS2, les plus petits éditeurs sont donc menacés par le passage aux consoles de nouvelle génération.
Autre effet du coût de développement, les éditeurs japonais ne font plus que des nouvelles versions ou des copies de jeux existants (Final Fantasy et autres RPG pour Square-Enix, Mario, Mario Kart et Pokemon par Nintendo, Winning Eleven chez Konami, Dragon Ball Z pour Bandai), sans s'aventurer dans des investissements trop importants en nouveaux jeux : le marché souffre donc d’un manque de renouvellement.
En résumé, les caractéristiques techniques des jeux sont de plus en plus complexes, la qualité visuelle progresse toujours mais l’aspect ludique est négligé. Récemment, seul Nintendo a su tirer son épingle du jeu avec Nintendogs, Animal Crossing et Brain Games, des jeux originaux qui se sont placés dans le top 5 des ventes générales (consoles de salon et portables) en 2005 et 2006. Ces succès ont fortement contribué au succès de la Nintendo DS en attirant, en plus de la cible habituelle de Nintendo (le très jeune public) les femmes et les joueurs âgés.
Pour les consoles de salon, le marché est bien sur en attente de renouvellement, ce qui explique la baisse des ventes de jeux sur PS2 notamment (les éditeurs mettant déjà l’accent sur le développement pour la PS3 et la Wii, peu de nouvelles sorties ont donc eu lieu en 2005).
Les ventes des jeux étrangers restent faibles : 3 à 4 % du marché seulement, les distributeurs japonais n’osant pas encore prendre de risques sur ce segment de marché, face à un engouement encore faible du public. Electronics Arts, qui distribue lui-même ses jeux au Japon, est toujours l’éditeur étranger qui se vend le mieux, avec près de 50 Mio USD de chiffre d’affaires en 2005. Néanmoins, ses ventes sont en baisse régulière au Japon.