Succès de la téléphonie sur IP.
La distinction au Japon entre fournisseurs d’accès Internet (FAI) et opérateurs est clairement marquée pour le consommateur. Celui-ci contacte directement le FAI, qui lui fournit logiciel d’installation et données d’identification, et se charge de contacter l’opérateur partenaire choisi par le client, qui installe la ligne et fournit le modem. Dans le cas d’une offre IPTV, le client doit revenir vers son FAI qui fournit généralement la set-top box et le service (proposé par un opérateur spécialisé).
On retrouve au Japon deux grands types de FAI : les filiales d’opérateurs (Yahoo! BB de SoftBank, OCN de NTT Communications et Plala de NTT East, Dion de KDDI) et les entités appartenant à de grands groupes d’électronique (@nifty de Fujitsu, Biglobe de NEC, So-net de Sony). SoftBank offre uniquement l’accès via sa filiale FAI, KDDI est depuis peu lié à quatre autres fournisseurs, alors que NTT opère l’accès via tous les FAI existants ou presque.
On estime entre 1 et 2 millions le nombre d’utilisateurs de Skype au Japon, la plupart utilisant uniquement le service gratuit, tandis que plus de 10 millions de japonais sont abonnés à de la téléphonie IP payante via un opérateur Internet (la plupart en double play).
C’est historiquement Softbank qui a lancé l’attrait des Japonais pour la téléphonie IP en proposant du double play très bon marché sur son offre ADSL dès 2001 (61 % des abonnés ToIP en mars 2004), mais l’essor de la FTTx explique sa baisse de parts de marché et la montée en puissance de NTT sur ce segment (opérateur numéro 1 sur FTTx). En mars 2005, Softbank représentait 45 % des abonnés ToIP, et NTT 25 % (KDDI 14 %).
IPTV marginale, quadruple play pour 2007 et FMC en ligne de mire.
En comparaison, la télévision sur IP (ou IPTV) reste marginale, avec une estimation de 100 000 abonnés en 2005 (4 opérateurs existants). Ce manque d’intérêt pour l’IPTV se justifie probablement par le grand nombre de chaines hertziennes disponibles (une douzaine), la forte pénétration du satellite BS(29,5 % des foyers en décembre 2005) et du câble (comprenant généralement les bouquets BS et CS) : 35,5 % des foyers fin 2005.
De plus, pour une question de droits d’auteur, les chaines hertziennes ne sont pas disponibles en IPTV, ni même en VOD (vidéo à la demande). Des programmes hertziens sont cependant disponibles en streaming sur Internet (principalement les informations). 2007 devrait être l’année du quadruple play avec les premiers mobiles 3G/WLAN pour le grand public (des modèles pour professionnels sont déjà disponibles). Le développement du quadruple play a été retardé pour deux raisons : absence d’opérateurs de réseau mobile virtuel, les MVNO (malgré la dérèglementation existante), et partage strict des activités mobiles et fixes chez l’opérateur historique NTT.
L’arrivée de SoftBank et eAccess sur le marché mobile (qui ont annoncé l’ouverture de leurs réseaux aux MVNO), le développement de l’activité fibre optique de KDDI (rachat des activités de TEPCO), ainsi que la dérégulation visant à autoriser NTT à proposer des offres fixes/mobiles communes et à pousser les opérateurs à ouvrir leur réseau devraient donc favoriser l’essor du quadruple play.
De plus, les principaux opérateurs mobiles au Japon travaillent actuellement sur la mise en place d’un service 3,9G/4G de type MIMO et effectuent désormais des tests grandeur nature de leur future technologie, en mouvement, avec notamment du WiMAX mobile (prévu pour 2008).
Contenus Web et e-commerce.
Essor du Web 2.0 via les SNS et la vidéo
On retrouve bien évidemment au Japon tous les services étiquetés 2.0, tels que les flux RSS, le podcasting, etc. et le Web « social » rencontre un véritable succès.
Le nombre de Japonais utilisant des services de réseaux sociaux (ou SNS pour Social Networking Services) sur Internet a grimpé à près de 9 millions en août contre un peu plus de 7 millions en mars 2006. Ce type de services a été introduit au Japon en 2004 par des entreprises telles que Mixi, Gree et Yubitoma. Mixi est l’acteur principal de ce marché avec en juillet plus de 5 millions d’abonnés. Plus de 60 % de ceux-ci ont une vingtaine d’années.
En 2006, les principaux acteurs d’Internet au Japon que sont Yahoo! Et Rakuten (portail hébergeur de sites marchands, autrement dit galerie marchande en ligne) ont décidé de pénétrer ce marché, renforçant ainsi fortement la concurrence. SoftBank (maison mère de Yahoo! Japan) a également été chargé par MySpace de développer la version japonaise du site. A titre de comparaison, on comptait en mars 2006 8 millions de bloggeurs, soit 1 million de plus que les abonnés SNS à l’époque.
Vidéo à la demande, partage et copyright.
En matière de partage de vidéo en ligne, YouTube est numéro 1 au Japon, avec 4 millions de visiteurs en mai 2006, soit près de 10 % des internautes japonais, chiffre impressionnant pour un site anglophone. En découle des problèmes de propriété intellectuelle et de droits d’auteurs pour certaines d’entre elles : il y a quelques mois, plusieurs vidéos de NHK, groupe de chaînes publiques japonaises, ont été retirées à la demande de la chaîne, et plus récemment, un groupe de 23 organismes japonais – chaînes de TV et représentants des ayants droits – ont demandé à YouTube de supprimer près de 30 000 vidéos violant leur copyright.
Il existe également de nombreux sites Internet de VoD, généralement en streaming : payant par accès/par vidéo, ou gratuit avec publicité incrustée à la vidéo. Bien qu’à succès ce marché semble pour le moment peu profitable (aucun modèle économique convaincant ne s’est encore dégagé). La VoD via set-top box semble plus rentable, même si le marché est encore minime. Le marché global du contenu (musique, jeux vidéo, livres, etc.) en ligne représentait, en 2004, 690 milliards de yens, soit 4,6 milliards d’euros (+ 29 % en un an), selon le MIC.
Succès du e-commerce au Japon malgré un tassement sur le B2C.
Outre les contenus, l’évolution du haut puis du très haut débit a également favorisé le développement du commerce électronique ou e-commerce. Selon le METI (Ministry of Economy, Trade and Industry), le marché du e-commerce B2B serait au Japon de 140 000 milliards de yens, soit près de 940 milliards d’euros (+ 36,3 % sur un an). Il représenterait une part très importante de l’ensemble des flux entre entreprises : 12,9 %, contre seulement 5,7 % aux Etats-Unis (plus de 600 milliards d’euros).
A contrario, le marché B2C serait moins impressionnant, avec « seulement » 3 500 milliards de yens, soit plus de 23 milliards d’euros (1,2 % du marché), contre plus de 106 milliards d’euros pour les Etats-Unis (2,4 %). Il enregistrerait de plus une sévère baisse en comparaison de l’année 2004 : - 38 %, et reviendrait à un niveau pré-2003.