Alors que le Japon est connu pour ses pratiques sexuelles parfois très libérées, les homosexuels ne sont pas pour autant bien acceptés, et pour beaucoup de lesbiennes, il n'est pas évident de faire son "coming out".

Pour beaucoup de Japonais, le mot qui vient a l'esprit en évoquant l'homosexualité féminine est sans doute celui-ci : kawaretteru, ou, en français "bizarre".
C'est pourquoi, malgré le retour cette année de la gay pride, après 3 ans d'absence, la plupart des lesbiennes japonaises vivent encore leur sexualité clandestinement.
Pourtant, la communauté Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Transsexuelle (LGBT) peut se vanter d'avoir, au Japon, quelques portes voix fameux, notamment parmi les trans-genre.
Plusieurs chanteuses connues, dont Ataru Nakamura, Ai Haruna, ou Ayana Tsubaki sont tout à fait intégrées dans le milieu de la variété malgré leur ancienne apartenance à la gente masculine, et plusieurs politiciens revendiquent ouvertement leur différence.
C'est le cas de Aya Kamikawa, le seul élu transgenre du pays, réélu en 2007 pour 4 ans à la tête du district de Setagaya, le plus grand de la capitale.
Plusieurs figures majeures du parti Democrate Japonais au pouvoir, dont Ichiro Ozawa et Yukio Hatoyama avaient d'ailleurs montré leur ouverture en assistant, en 2007, au "mariage" de Mme Otsuji, alors candidate aux élections des députés, avec sa compagne.
Symbolique car non-reconnu par la loi, le mariage avait alors été l'occasion, pour Mme Otsuji, de montrer que "les gay et les lesbiennes existent dans la société".
Peu de lieux de rencontre
Mais contrairement aux homosexuels masculins, les lesbiennes japonaises ont peu d'endroits pour se retrouver. Même la partie gay-friendly de Shinjuku, le "2-Chome" ne comporte qu'une dizaine de bars pour ces dames, contre environ 400 pour ces messieurs.
"Je crois que nous avons toujours besoin d'actions politiques dans la communauté. Il y a toujours des problèmes dans la société", estime Chu, interrogée par CNN.
Figure populaire des LGBT de Tokyo, Chu a voulu s'investir dans sa communauté après un voyage à New-York.
Organisatrice d'événements et de soirées, elle s'active actuellement a promouvoir l'"unité" via un café lesbien anglophone à "2-Chome".
"Peut-être que si les lesbiennes japonaises apprenaient l'anglais nous pourrions passer la barrière de la langue et les aider, assure-t-elle. Les cultures occidentales sont plus ouvertes alors que les Japonais ont tendance à se cacher".
C'est le cas de "KM", jeune trentaine, qui vit une double vie. A cause de la pression de son entourage qui voudrait la voir mariée, elle a souvent fréquenté des garçons.
"Les gens pensent que (les lesbiennes, ndlr) ont eu des problèmes familiaux dans le passé, que c'est la faute de vos parents si vous êtes lesbienne ou quoi, que peut-être c'est une déviance bizarre, raconte-t-elle. Ils pensent que c'est quelque chose que vous pouvez changer, pas quelque chose de naturel, un choix d'activité sexuelle. C'est considéré comme pervers".
Heureusement pour eux, les homosexuels japonais ont depuis 2009 le droit légal d'aller se marier dans les pays qui autorisent ce type d'unions, comme la Belgique, le Canada ou certains Etats des Etats-Unis. Auparavant, les autorités refusaient de délivrer un certificat de célibat pour ce type d'unions.