Le blocage par la Chine de ses exportations au Japon de "terres rares", ces matériaux vitaux pour les industries de haute technologie, pousse Tokyo à redoubler d'efforts afin de trouver un moyen de les recycler pour assurer ses ressources.

Encore inconnues il y a peu, les "terres rares", indispensables à la production de produits de haute technologie comme des écrans LCD, des téléphones portables ou encore des moteurs pour des voitures hybrides, ont pris une importance politique et économique majeure ces derniers temps.
Depuis plus d'un mois, suite à un différent diplomatique, la Chine a interrompu les exportations de ces matériaux hautement stratégiques en direction du Japon, selon les autorités de l'archipel.
Pour remédier à la situation, Tokyo a fait appel à ses scientifiques. Le Mainichi Daily News a rapporté hier que des chercheurs de l'Institut des Sciences Industrielles de l'université de Tokyo ont trouvé un procédé permettant de recycler une terre rare dite "néodyme", contenue dans des aimants utilisés dans des moteurs de voitures hybrides et dans des disques durs.
Jusqu'à présent, les aimants étaient jetés une fois que l'appareil n'était plus opérationnel, et le néodyme était perdu. Mais aujourd'hui, les chercheurs ont trouvé un moyen pour extraire jusqu'à 80% du métal précieux par un procédé utilisant de hautes températures.
Dans le passé, les scientifiques ont testé d'autres moyens de recyclage. Mais souvent, ces procédés longs et couteux n'ont permis d'extraire qu'une petite quantité de terres rares. De plus, le recyclage s'accompagnait de produits toxiques secondaires.
"Notre recherche en est encore à ses prémices, mais elle pourrait devenir une technologie de recyclage importante, a indiqué Toru Okabe, un des scientifiques de l'université, au quotidien. Avoir des terres rares disponibles et stockées dans tous les produits japonais est très important pour assurer les ressources du pays".
L'enjeu, en effet, est de taille : la Chine contrôle 97% de la production mondiale des "terres rares" : une arme économique conséquente!
Et le blocage commence à toucher les Etats-Unis et l'Union européenne. Selon le Wall Street Journal, les quotas d'exportation chinois de ces précieux matériaux sont presque atteints pour l'année 2010, et la Chine compte les réduire l'année prochaine. De plus, leur prix ont augmenté.
"La spéculation sur le marché des matières premières est un des défis principaux pour les leaders économiques mondiaux", a affirmé le ministre d'économie allemand Rainer Bruederle mardi dernier. Selon lui, le problème devrait être abordé lors du sommet G20 à Séoul en novembre.