Alors même qu'il ne devrait entrer en vigeur qu'en 2011, le traité de libre échange "Trans-Pacific Partnership" (TPP), discuté par le Japon, a déjà du plomb dans l'aile : près de 3000 personnes, en majorité des agriculteurs, sont descendus dans la rue hier à Tokyo pour s'y opposer.

"Nous sommes contre le fait que le Japon se joigne aux négociations sur le TPP! Nous ne pouvons absolument pas l'accepter"!
Réunis hier à Tokyo les agriculteurs ont été clairs : ils s'opposent dès maintenant, et avec force, au projet de traité de libre échange dit "TPP", dont le gouvernement japonais a accepté mardi les principes directeurs. Selon les dispositions prises mardi, le gouvernement devrait commencer sous peu à se concerter avec les pays concernés, et à "rassembler des informations".
Selon l'agenda officiel, le traité, destiné à faciliter le commerce en Asie-Pacifique, ne devrait pas entrer en vigueur avant juin 2011.
Mais pour "Japan Agriculture", la plus grande association d'agriculteurs du pays, il n'est jamais trop tôt pour se mobiliser, d'autant que selon ses estimations, l'entrée en vigueur du TPP pourrait coûter leur emploi à près de 3,4 millions de personnes, et réduire de façon significative la production du secteur primaire du Japon.
Selon Mamoru Metekei, président de l'union centrale de Japan Agriculture cité par le Japan Times, le TPP, qui oblige les pays signataires à lever les barrières douanières sur toutes sortes de produits, pourrait porter un coup dur à des produits domestiques tels que le riz, actuellement très protégé.
"Nous aimerions que cela soit le début d'un mouvement national contre l'adhésion du Japon au TPP", a déclaré l'association dans un communiqué.
A noter qu'hier, les agriculteurs n'étaient pas les seuls à manifester : des représentants politiques du Parti Démocrate (au pouvoir) et de l'opposition étaient également présents.
Car même au sein du PDJ, le traité ne semble en effet pas faire l'unanimité : selon le ministère de l'Agriculture, l'abolition des droits de douane prévue pourrait, si elle n'est pas compensée par des aides, entraîner une baisse de la production agricole de 4,1 milliards de Yen, et une perte de 7,9 milliards de yen pour le PIB.