A partir de janvier prochain, les "love hotels" japonais seront soumis à un nouveau décret. Selon l'hebdomadaire Asahi Geino, cette loi devrait réorganiser le secteur en profondeur.

Bien connus au Japon, les "love hotels" donnent un peu d'intimité à leurs visiteurs. Amoureux ou professionnels y réservent une chambre pour quelques heures, en toute discrétion.
Selon les estimations du site Tokyo Reporter, le Japon compte près de 7 200 love hotels, dont la moitié n'en font pas état ouvertement.
Mais le gouvernement a fait passer un décret les concernant, officiellement pour lutter contre la prostitution adulte et infantile.
"Il y a deux types de love hotels, les officiels et les autres, explique le journaliste Akihira Otani. Les premiers se trouvent sous les législations du business du divertissement pour adultes. Mais le plus souvent, ils appliquent tout simplement la loi sur la location, comme le font tous les hôtels normaux."
Pourtant, cela sera bientôt fini, car le décret impose une liste de conditions pour ces établissements destinés à faire l'amour.
A partir de janvier prochain, le "client" devra se faire enregistrer au comptoir (alors qu'aujourd'hui il reçoit la clef de sa chambre à travers une petit fenêtre et reste donc anonyme) et dévoiler des informations personnelles. Les prix des chambres devront être clairement affichés, et il devra être possible de payer depuis les chambres via des machines.
L'infrastructure aussi devra changer. L'hôtel devra garantir plus d'intimité au visiteur.
Le bâtiment devra ainsi être conçu d'une telle manière que le client ne soit pas vu par tous les employés de l'établissement et des autres clients dans les lieux communs.
Une menace sur l'existence de ces établissements ? Le Asahi Geino est en tout cas persuadé que beaucoup d'hôtels devront fermer leurs portes à cause de frais de rénovation élevés.
Selon l'hebdomadaire, certains hôtels normaux pratiquant pour le moment la location courte devront pour continuer à le faire, demander à être soumis à aux législations sur le business le divertissement pour adultes.
Néanmoins, Ikkyon Kim, auteur du livre "L'évolution des love hotels" se demande si ce décret va vraiment réduire le seuil de criminalité.
"C'est dépassé de séparer les love hotels des établissements normaux. Les hôtels au centre-ville offrent souvent la possibilité de réserver une chambre pour quelques heures seulement. Ce décret ne mènera qu'à un jeu du chat et de la souris entre les hôtels et les autorités", estime-t-il.