Le quartier Roppongi à Tokyo serait un piège pour les nombreux étrangers utilisant leur carte de crédit dans les bars et restaurants. Des milliers d'euros leur sont dérobés par fraude bancaire.

Se promener avec de grosses sommes d'argent en espèce sur soi n'est pas très risqué au Japon. Mais payer avec sa carte bleue devient inquiétant pour les touristes étrangers.
Une trentaine de bars et de restaurants du quartier Roppongi dans la capitale font l'objet d'enquêtes de fraude à la carte bancaire.
Les Japonais utilisent peu la carte de crédit. Le paiement en espèces et l'utilisation du téléphone portable sont largement plus répandus.
Mais les touristes de passage ne possèdent pas de téléphones adaptés au paiement, et n'ont pas l'habitude de se balader avec un portefeuille chargé.
Le quartier Roppongi, réputé pour sa vie nocturne et la présence de nombreux expatriés, abrite de nombreux bars et restaurants, où il est possible d'utiliser la carte bleue. La pratique est pourtant plus rare dans le reste de la capitale et du pays.
Le bureau de police d'Azabu, en charge du quartier Roppongi, a reçu plus de cent plaintes cette année pour fraude à la carte bancaire. Les victimes sont surtout des Européens et des Nord-Américains.
L'un des policier interrogé par l'agence de presse Kyodo estime que les touristes chinois, de plus en plus présents dans le quartier, pourraient rapidement être touchés eux aussi.
370 000 yens volés à un Italien
Kyodo prend l'exemple d'un Italien de 30 ans résidant dans la capitale. Sur les relevés de ses deux comptes bancaires, des notes de 370 000 yens (3 400 euros) étaient attribuées à un restaurant où il affirme ne jamais avoir mis les pieds.
Il se souvient en revanche avoir été racolé, en compagnie d'un ami, dans un bar par un étranger. Au moment de payer, ses deux cartes de crédit ont été testées, puis refusées par la machine, l'obligeant à retirer de l'argent pour payer en liquide.
Le bar se situait à une centaine de mètres du restaurant figurant sur les relevés de comptes, mais a depuis disparu. Les fraudeurs auraient déplacé le terminal bancaire pour encaisser l'argent de l'Italien.
Après un procès intenté contre le restaurant et les deux banques, ces derniers se sont mis d'accord pour rembourser.
Mais le restaurant rejette toute culpabilité. « Il ne se rappelle probablement pas de sa visite dans le restaurant parce qu'il devait être trop saoul », s'énerve le gérant.
Ce genre de fraude se développe dans les quartiers fréquentés par les expatriés.
« Les touristes étrangers ne sont pas renseignés sur les risques qu'ils encourent car ils ne parlent pas japonais couramment. Ils deviennent des cibles pour les fraudeurs », explique un policier du bureau d'Azabu à Kyodo.