Sous le prétexte de programmes d'apprentissages approuvés par le gouvernement, des milliers de jeunes Asiatiques sont exploités dans les usines japonaises. 27 d'entre eux sont décédés en 2009.
ls arrivent au Japon avec plein d'ambitions, mais se retrouvent à travailler des heures dans des usines d'assemblage.
Depuis quelques temps, les conditions de travail déplorables de certains jeunes étrangers sont révélées au public. Ils arrivent au pays par un programme d'apprentissage approuvé par le gouvernement.
Dans une enquête réalisée à Tokyo et à Hiroshima, le journaliste Hiroko Tabuchi est allé à la rencontre de ces jeunes asiatiques attirés par la puissance et la technologie japonaises. Ils seraient des dizaines de milliers dans ce cas.
« Six jeunes Chinoises sont arrivés à Hiroshima il y a trois étés avec la promesse d'apprendre un travail, de toucher un bon salaire et d'avoir une meilleur vie une fois de retour dans leur pays », écrit le journaliste dans le New York Times.
« Au lieu de ça, elles avaient des journées de travail de 16 heures à assembler des téléphones portables, étaient payées en dessous du salaire minimum et ne bénéficiaient d'aucun apprentissage », poursuit-il.
35 morts en 2008
27 étrangers venus au Japon pour travailler dans ce type de programme sont décédés l'année dernière selon un rapport du ministère de la Santé, du Travail et du Social rendu au début du mois. Parmi eux, trois Vietnamiens, deux Philippins et vingt-et-un Chinois. En 2008, le record avait été atteint avec 35 morts.
« Beaucoup de ces apprentis qui meurent de maladies cérébrale ou cardiaque peuvent avoir été victime de surmenage. Ceux qui se sont tués eux-même ont probablement commis leur suicide en raison du travail », déclarait à Japantoday le législateur Shoichi Ibusuki, spécialiste du dossier.
Ce programme d'apprentissage pour étrangers est surnommé le « sale secret industriel du Japon » par ces opposants depuis que les conditions sont révélées au public.
Le quotidien Asahi rapporte que l'agence chargée de faire venir les étrangers dans ce cadre a été épinglée en avril par le gouvernement. Pendant trois ans cette institut supervisé par le ministère de la Santé, du Travail et du Social, n'aura plus autorité dans l'immigration des étrangers.
Hirokazu Shibata, directeur de l'agence, assume sa responsabilité. « Nous avons reçu une punition parce que les entreprises qui embauchaient les apprentis leur faisaient faire des heures supplémentaires », explique-t-il au journal japonais.
« Nous avions demandé aux anciens responsables de l'immigration de superviser ces activités. Mais nous étions incapables de garder un oeil sur tous les apprentis car ils étaient trop nombreux. Je me sens responsable », lâche-t-il.
Au lieu de délocaliser massivement ses usines dans les pays à bas coût, le Japon avait trouvé la solution en faisant venir la main d'oeuvre pas chère.
Difficile de trouver un équilibre entre réussite économique et conditions humaines acceptables, meme au Japon.