Depuis samedi, une nouvelle loi facilite le don d'organes et permet d'en prélever sur des mineurs de moins de 15 ans. Mais les patients japonais vont devoir attendre encore quelques mois, voire quelques années, pour que les hôpitaux du pays soient prêts.
Seulement 86 greffes ont été réalisées sur le sol japonais.Un nombre ridicule pour un pays développé possédant l'un des meilleurs systèmede soins selon l'Organisation Mondiale de la Santé.
En comparaison, les Etats-Unis pratiquent plusieurs milliersde greffes chaque année. Et l'Amérique est justement la destination privilégiéedes Japonais en attente de greffe, bien que le coût de l'opération frôlesouvent le million d'euros.
Le retard du Japon dans le domaine est causé par une loi de1997, très floue sur le statut de mort cérébrale et obligeant le consentementsigné du patient et de sa famille pour prélever des organes.
Avec la loi adoptée en juin dernier et mise en applicationsamedi, le double consentement est aboli et tout patient en état de mortcérébrale est déclaré comme décédé aux yeux de la loi.
Ses organes peuvent alors être prélevés, sauf si la familles'y oppose formellement. La nouvelle loi permet aussi de prélever des organessur des mineurs de moins de 15 ans.
Mais si la greffe est facilité grâce à cette loi, dans lapratique, les hôpitaux ne sont pas encore prêts. Une étude de l'agence depresse Kyodo montreque seuls 13% des hôpitaux sont capables de réaliser un prélèvement chez unmineur. D'ici à la fin de l'année seuls 39% d'entre eux seront prêts.
Pour le JapanTimes, les capacités à réaliser une greffe ne relèvent pas que de latechnique médicale : « Le fardeau des médecins, particulièrement ceux duservice des urgences, va augmenter car ils devront demander aux proches despatients en état de mort cérébrale s'ils peuvent prélever ses organes ».
Le quotidien anglophone recommande au gouvernement de créerdes équipes spécialisées dans chaque hôpital pouvant réaliser des prélèvements,afin d'atténuer le fardeau des médecins.
Certains Japonais n'ont d'ailleurs pas attendu la nouvelleloi. Nazuna Koga est en ce moment au Canada pourbénéficier d'une greffe cardiaque.
Agée de sept ans, elle est accompagnée de ses parents.« Nous voulions nous rassurer le plus tôt possible », explique samère par téléphone depuis l'hôpital de Toronto au quotidien Yomiuri.
La famille a dû rassembler 90 millions de yens, près de 800000 euros, pour payer le voyage et l'opération. Même si le don d'organenécessite encore un temps d'adaptation au Japon, il permettra enfin d'éviter dedépenser des sommes folles pour se soigner.
D'autant plus que tout le monde n'est pas aussi généreux queles parents d'élèves de l'école de la petite Nazuna.