Arrivés par bateau dès les années 80, les crabes verts européens se sont installés dans la baie de Tokyo. Une étude montre que les petits crustacés, très friands de coquillages et de poissons, pourraient ravager l'écosystème local.

Passager clandestin à bord: le crabe vert emprunte librement le Marseille-Tokyo depuis les années 80. Il a depuis fondé une grande famille dans la baie de la capitale japonaise, à tel point qu'il pose problèmes aux autres espèces de la région.
L'espèce est observée depuis 20 ans par les professeurs Fumito Koike de l'Université Nationale de Yokohama et Keiji Iwasaki de l'Université de Nara. Leur étude montre que le petit crustacé de moins de 10 cm de large pourrait ravager l'écosystème local.
Très friand de petits coquillages, de poissons et d'algues, le crabe vert se développe à très grande vitesse. Depuis quelques années, les baie d'Ise au sud de Tokyo et d'Osaka dans le centre du Japon sont déjà colonisées. Car il s'est s'adapté aux nouveaux territoires.
« Ce crabe peut survivre à des climats variés. Si l'on n'y prête pas attention, l'écosystème des côtes japonaises va définitivement changer », s'inquiète le professeur Koike, cité par le quotidien Asahi.
Le scénario à long terme prévu dans la recherche est inquiétant : « Des simulations prévoient que le crabe envahira la plupart des côtes pacifiques du Japon et de la mer Intérieure d'ici à 2055. On le retrouvera sur tout le pays en 2205 ».
Le crabe vert est déclaré comme espèce invasive par le ministère de l'Environnement japonais. Mais selon les chercheurs, même des mesures drastiques de contrôle des navires japonais ne pourraient que limiter la propagation de l'espèce dans tout le pays.
Les crabes verts posent moins de problème en Europe. Les Méditerranéens le pêchent, ce qui permet de réguler leur quantité. Au Japon, en revanche, il peut prospérer car il n'est pas chassé.
« Il a le même goût que le crabe bleu japonais, mais il a vraiment très peu de chair », semble regretter Fumito Koike. En Méditerranée, il est utilisé dans la bouillabaisse. La cuisine marseillaise a peut-être de l'avenir à Tokyo.