La Justice japonaise a condamné deux activistes de l'association écologiste Greenpeace à un an de prison avec sursis pour avoir volé de la viande de baleine. Après celle d'un militant de l'association Sea Shepherd en juillet, c'est la deuxième condamnation du genre en quelques mois.

Les écologistes n'ont qu'à bien se tenir. Le Japon, très susceptible sur la question de la pêche baleinière, avait déjà condamné en juillet à deux ans de prison avec sursis Peter Bethune, un militant de l'association de défense des océans Sea Shepherd.
L'homme de 45 ans s'était introduit à bord du Shonan Maru II en février dernier. Il était accusé d'avoir forcé le passage et d'avoir brûlé un jeune marin japonais avec de l'acide butyrique.
M. Bethune, qui avait déclaré n'avoir l'intention de blesser personne, avait eu une altercation avec l'équipage du navire, avec qui il entendait régler un différend personnel après le naufrage de son bateau.
Rendre publiques les pratiques de corruption
Junichi Sato et Toru Suzuki, les militants de Greenpeace condamnés hier par la cour provinciale de Aomori, ont quant à eux volé une caisse contenant de la viande de baleine en 2008.
Ils avaient été mis au courant par une de leur sources à bord d'un bateau subventionné par l'Etat que les membres de l'équipages recevaient illégalement des caisses de viande de baleine.
Les militants écologistes ont expliqué à la cour avoir voulu rendre publiques les pratiques de corruption existant dans le programme de pêche baleinière du Japon, que le pays prétend purement scientifique.
Lors d'une conférence de presse tenue après le verdict, Junichi Sato a déclaré que la sentence était "injuste", et qu'elle "entravait le droit de savoir des citoyens", a rapporté CNN.
Selon Greenpeace, la peine est disproportionnée compte tenu du fait que les militants avaient agit "pour l'intérêt public, et non pour un gain personnel".
Légalité contre légitimité
"Nous voulions révéler la réalité du programme de pêche baleinière du gouvernement japonais, mais nous nous sommes fait punir à la place, alors que ceux qui commanditent ces mauvais usages d'argent public marchent libre" a déclaré M.Sato.
Le Japon est régulièrement accusé de verser des pots-de-vins, de fournir des prostituées ou de mettre la pression sur différentes institutions internationales pour légitimer la pêche baleinière à laquelle il s'adonne.
Ainsi, Joji Morishita, de l'Agence de Pêche du Japon, a déclaré que même si le gouvernement reconnaissait le droit de protester, les activistes seraient punis en cas de violation de la loi Japonaise.
Un argument légal auquel Greenpeace a répondu par en invoquant la légitimité de son action.
"Les activistes ne sont pas des criminels, et les traiter comme tel a un effet glacial sur la société, qui affaibli la qualité de la démocratie", a réagit Kumi Naidoo, président de Greenpeace Japon, dans un communiqué.
L'association a déjà fait savoir qu'elle ferait appel du jugement.
La pêche baleinière à visée commerciale est interdite par les institutions internationale, en raison du faible nombre restant de ces animaux dans les océans.